Droit à la prise & aides 2026

Borne de recharge en copropriété : guide 2026 droit à la prise, vote et coûts

  • Droit à la prise : installer sans l'accord de toute la copro
  • 4 modèles de financement comparés, le tiers-investisseur décrypté
  • Installation IRVE au juste prix, sans surprise
Bornes de recharge dans le parking d'une copropriété, plusieurs places équipées le long d'un mur
3 mois délai d'opposition syndic
12 500 € HT ADVENIR, infrastructure jusqu'à 100 places
0 € pour la copropriété avec un tiers-investisseur

Installer une borne de recharge en copropriété repose sur deux décisions : la procédure (droit à la prise ou vote en assemblée générale) et le modèle économique, parmi quatre, de l'achat individuel au tiers-investisseur « 0 € ». Le droit à la prise permet d'équiper sa place sans l'accord de toute la copropriété ; un projet collectif passe par un vote en AG. Nous détaillons la procédure, les majorités de vote applicables et, surtout, le coût que chaque modèle fait porter au résident sur la durée : le « 0 € pour la copropriété » laisse au résident un abonnement mensuel, que nous chiffrons sur dix ans.

Quels modèles d'installation en copropriété ?

Quatre scénarios coexistent en 2026. Ils diffèrent par qui décide et qui paie ; la propriété de l'infrastructure collective est précisée plus bas, dans la section financement.

Modèle Qui décide Qui paie
Individuelle (droit à la prise) Notification au syndic (via le bailleur pour un locataire), sans vote Le demandeur (copropriétaire ou locataire)
Partagée entre occupants Vote en AG, majorité simple Les utilisateurs (frais mutualisés)
Infrastructure collective AG, majorité simple si la convention est sans frais (art. 24-5-1) La copropriété (tantièmes) ou les utilisateurs
Tiers-investisseur ou Enedis AG, majorité simple (convention sans frais) 0 € pour la copro, le résident paie l'abonnement

Au-delà de 3,7 kW, la pose par un installateur qualifié IRVE est obligatoire, et conditionne le bénéfice des aides comme de la TVA réduite. Le niveau de qualification IRVE exigé varie selon la puissance et le type de projet : il doit figurer sur le devis.

Comment fonctionne le droit à la prise sans vote en AG ?

Tout occupant, copropriétaire ou locataire, peut équiper sa place de parking privative pour son véhicule électrique. La procédure remplace le vote par une notification, mais doit être suivie à la lettre.

  1. Notification au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception, avec descriptif détaillé des travaux d'installation, plan et schéma de raccordement électrique. Un copropriétaire notifie directement le syndic ; un locataire notifie son bailleur, avec copie au syndic, et le bailleur transmet les documents au syndic sous un mois. Ce délai de transmission du bailleur n'est ni une réponse ni une autorisation du syndic.
  2. Inscription à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale des copropriétaires, à titre d'information seulement (pas de vote).
  3. Délai d'opposition de 3 mois : le syndic ne peut s'opposer qu'en saisissant le tribunal judiciaire, pour un motif sérieux et légitime (impossibilité technique, solution collective votée ou en projet à réaliser sous 6 mois).

Le droit à la prise n'est pas absolu : un tribunal a ordonné en 2025 la dépose d'une borne installée sans notification conforme et sans autorisation pour le passage de câbles en parties communes. La procédure et l'accord pour les parties communes restent obligatoires. L'inscription à l'ordre du jour informe l'assemblée sans ouvrir de vote sur votre droit. Le délai d'opposition de 3 mois, lui, ne garantit pas la date de fin des travaux.

Quelle majorité pour voter une borne en assemblée générale ?

La majorité dépend de l'objet précis du vote. Trois articles de la loi de 1965 s'appliquent, chacun selon l'objet du vote. Le droit à la prise d'un occupant n'en relève pas, car il ne se vote pas.

Article Majorité Objet
Article 24 (i) Majorité simple Équiper les emplacements privatifs de bornes de recharge
Article 25 (j) Majorité absolue Modifier l'installation électrique de l'immeuble (passerelle vers la majorité simple si au moins 1/3 des voix)
Article 24-5-1 Majorité simple (dérogation) Conclure une convention sans frais pour la copropriété avec un opérateur ou Enedis

Une copropriété existante n'a pas à équiper chaque place : sans rénovation importante, son parking résidentiel n'est pas soumis à l'obligation générale de poser des bornes. Pour les bâtiments résidentiels, un pré-équipement des places n'est obligatoire que dans deux cas, pour un parking de plus de dix places, intérieur ou attenant. Il consiste à préparer les conduits, l'alimentation et la sécurité d'une installation future ; il n'oblige pas à poser les bornes.

Premier cas, le bâtiment résidentiel neuf : toutes les places du parking de plus de dix places sont prééquipées. Second cas, la rénovation importante, c'est-à-dire des travaux d'au moins 25 % de la valeur du bâtiment, hors terrain : toutes les places d'un parking de plus de dix places sont prééquipées si les travaux touchent le parking ou l'installation électrique du bâtiment lorsque le parking est intérieur, ou le parking ou son installation électrique lorsqu'il est attenant. Un parking est attenant s'il se trouve sur la même unité foncière que le bâtiment et lui est fonctionnellement lié.

L'exception ne concerne que la rénovation, jamais le neuf : le pré-équipement n'est pas exigé si le coût de la recharge et du raccordement dépasse 7 % du coût de la rénovation. Ces règles valent pour la France métropolitaine continentale ; les zones non interconnectées relèvent de régimes distincts. Le détail figure sur la fiche Service-Public consacrée à l'équipement des bâtiments.

Idée reçue fréquente : la loi du 19 novembre 2024 souvent invoquée à tort sur la majorité de vote concerne en réalité les meublés de tourisme, pas les bornes de recharge. Le cadre applicable reste la loi LOM de 2019 et la loi Climat et Résilience de 2021. Une borne réservée au véhicule électrique de société d'un résident relève, elle, du régime de la borne en entreprise.

Auto-financement, tiers-investisseur ou préfinancement Enedis ?

Trois routes pour financer le réseau collectif du parking, aux logiques de coût très différentes.

LA COPRO INVESTIT

Infrastructure auto-financée

Coût réparti aux tantièmes

La copropriété finance l'infrastructure et reste propriétaire. La prime ADVENIR (jusqu'à 12 500 € HT pour une infrastructure jusqu'à 100 places ; au-delà, le barème applicable se vérifie) et la TVA à 5,5 %, sous conditions résidentielles, techniques et de prestataire (CGI art. 278-0 bis N, annexe IV art. 30-0 H), réduisent la facture. Adapté quand une majorité de copropriétaires veut équiper le parking.

advenir.mobi - infrastructure collective
0 € COPRO

Tiers-investisseur privé

Le résident paie l'abonnement

Un opérateur comme Zeplug ou Logivolt finance et exploite l'infrastructure : 0 € pour la copropriété. En contrepartie, chaque résident équipé paie sa borne puis un abonnement mensuel et l'électricité, sur toute la durée. L'opérateur reste propriétaire de l'infrastructure.

Tarifs Zeplug / Logivolt 2026
0 € COPRO (TURPE)

Préfinancement public Enedis

Quote-part utilisateur 451 à 2 248 €

Depuis 2023, Enedis préfinance le réseau collectif dans le parking via le tarif TURPE : aucun reste à charge pour la copropriété, l'infrastructure appartient aux autorités concédantes. Seuls les utilisateurs paient une quote-part au raccordement. L'alternative publique au tiers-investisseur privé.

Enedis - financement copropriété

Le tiers-investisseur « 0 € » est-il vraiment gratuit ?

Le « 0 € » porte sur la copropriété, pas sur le résident. Sur dix ans, l'abonnement cumulé change l'équation.

Modèle Investissement Récurrent Coût résident sur 10 ans
Achat individuel (droit à la prise) ~500 à 1 500 € net après ADVENIR Électricité seule (~300 €/an) ≈ 3 500 à 4 500 € sur 10 ans, infrastructure à vous
Tiers-investisseur (Zeplug, au réel) Borne ~749 € Abonnement ~12,90 €/mois + électricité ≈ 5 300 € sur 10 ans, infrastructure à l'opérateur

Estimation pour un usage de 12 000 km/an en heures creuses, à partir des tarifs publics Zeplug et Logivolt et des barèmes ADVENIR (relevés en mai 2026) : l'écart de coût par point de charge provient presque uniquement de l'abonnement mensuel cumulé. Le tiers-investisseur garde son intérêt quand la copropriété refuse tout investissement collectif. Le détail des prix d'installation aide à comparer un devis d'achat à une offre d'opérateur.

Avant de signer, relevez sur les pièces du contrat :

  • Propriété : qui possède la borne et qui possède l'infrastructure.
  • Électricité : comment la consommation est mesurée (compteur dédié ou non), puis facturée.
  • Résidents arrivés plus tard : ce que prévoit le contrat collectif pour eux.
  • Sortie et changement d'opérateur : les frais de départ ou de changement d'opérateur, et la portabilité de l'exploitation si la convention change (distincte de la résiliation du seul abonnement résident).
  • Frais d'assemblée et de syndic : les frais éventuels de l'AG ou du syndic.

Ces montants dépendent du contrat réel : aucun forfait n'est avancé ici.

Quelles aides pour une borne en copropriété en 2026 ?

La prime ADVENIR a été fortement revalorisée au 1ᵉʳ avril 2026 et reste le principal levier en copropriété.

La prime ADVENIR couvre 50 % du coût HT : jusqu'à 1 000 € par point individuel, 1 660 € par point partagé, et 12 500 € pour une infrastructure collective jusqu'à 100 places de stationnement. La TVA à 5,5 % s'applique sous conditions résidentielles, techniques et de prestataire (CGI art. 278-0 bis N, annexe IV art. 30-0 H). Le crédit d'impôt est supprimé depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Le barème revalorisé s'applique si le vote en assemblée générale (infrastructure collective) ou la signature du dossier (point individuel ou partagé) a lieu à partir du 1ᵉʳ avril 2026 : vérifiez cette date avant les travaux.

Les aides financières, le barème complet par catégorie et la procédure de dossier figurent sur notre guide de la prime ADVENIR ; le cumul avec les autres aides et le reste à charge net sont détaillés sur le guide des aides 2026.

Le syndic peut-il refuser ma demande d'installation ?

Le syndic ne peut pas refuser seul une demande de droit à la prise. Pour s'opposer, il doit saisir le président du tribunal judiciaire dans un délai de 3 mois, avec un motif sérieux et légitime, et vous en informer sous 15 jours. Passé ce délai sans saisine, votre droit est acquis. Parmi les motifs recevables figurent notamment une impossibilité technique avérée ou une solution collective déjà votée ou en projet, à réaliser sous 6 mois.

Quelles idées reçues sur la borne en copropriété ?

  • « La loi de novembre 2024 a changé la majorité de vote » : faux, ce texte concerne les meublés de tourisme. Le cadre des bornes vient de la loi LOM 2019 et de la loi Climat 2021.
  • « Le tiers-investisseur est gratuit pour moi » : le 0 € vaut pour la copropriété ; le résident paie sa borne, un abonnement mensuel et l'électricité sur la durée.
  • « Le syndic peut refuser le droit à la prise » : non, il doit saisir le tribunal sous 3 mois avec un motif sérieux et légitime, sinon le droit est acquis.
  • « Mon contrat de recharge se transmet à l'acheteur » : non, c'est un contrat personnel. Le vendeur le résilie et le nouvel occupant souscrit le sien.

Pourquoi le modèle de financement change-t-il votre reste à charge ?

En copropriété, le reste à charge réel pour les résidents qui rechargent leurs véhicules électriques dépend du modèle de financement (auto-financement, tiers-investisseur privé, préfinancement public Enedis). ISIOHM vous explique les trois voies, distingue et chiffre le coût de l'installation et le coût d'exploitation sur la durée - pas seulement le « 0 € » affiché à la copropriété - et impose le devis détaillé. Nos critères de sélection des installateurs sont publics.

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Questions fréquentes sur la borne de recharge en copropriété

Peut-on installer une borne en copropriété sans l'accord de toute la copropriété ?

Oui, grâce au droit à la prise. Un copropriétaire ou un locataire peut faire installer une borne sur sa place de parking privative sans vote en assemblée générale. Le copropriétaire notifie son projet directement au syndic ; le locataire le notifie à son bailleur, avec copie au syndic, et le bailleur transmet le dossier au syndic sous un mois. La notification se fait par lettre recommandée avec accusé de réception, accompagnée d'un descriptif et d'un schéma. Le syndic ne peut s'y opposer que pour un motif sérieux et légitime, en saisissant le tribunal judiciaire dans un délai de 3 mois.

Le syndic peut-il refuser ma demande de borne ?

Le syndic ne peut pas refuser seul. Pour s'opposer au droit à la prise, il doit saisir le président du tribunal judiciaire dans les 3 mois, avec un motif sérieux et légitime : impossibilité technique avérée, ou existence d'une solution collective déjà votée ou en projet (à réaliser sous 6 mois). Un refus non motivé ou hors délai est sans effet. En revanche, la procédure doit être respectée à la lettre : un tribunal a ordonné en 2025 la dépose d'une borne posée sans notification conforme et sans autorisation pour les parties communes.

Quelle majorité faut-il pour voter une borne en assemblée générale ?

Tout dépend de l'objet du vote. Équiper les places privatives de bornes de recharge relève de la majorité simple (article 24 i de la loi de 1965). Modifier l'installation électrique de l'immeuble relève de la majorité absolue (article 25 j), avec une passerelle vers la majorité simple si au moins un tiers des voix est réuni. Conclure une convention sans frais pour la copropriété avec un opérateur ou Enedis se vote à la majorité simple par dérogation (article 24-5-1). À noter : la loi du 19 novembre 2024 souvent citée concerne les meublés de tourisme, pas les bornes de recharge.

Le tiers-investisseur "0 €" est-il vraiment gratuit ?

Le "0 €" porte sur la copropriété, pas sur le résident. Un opérateur comme Zeplug ou Logivolt finance l'infrastructure sans reste à charge pour le syndicat, mais chaque résident équipé paie sa borne (de 549 à 749 € après aides), puis un abonnement mensuel (de l'ordre de 4,90 à 16,90 €/mois selon la puissance) et l'électricité, sur toute la durée. Sur 10 ans, le coût total d'un résident en tiers-investisseur dépasse celui d'un achat individuel, l'écart correspondant à l'abonnement cumulé. Le modèle reste pertinent quand la copropriété refuse tout investissement collectif.

Qui paie quoi pour une borne en copropriété ?

En installation individuelle (droit à la prise), le demandeur (copropriétaire ou locataire) finance son installation. En infrastructure collective auto-financée, la copropriété investit et répartit le coût entre les copropriétaires, aux tantièmes. En tiers-investisseur ou en préfinancement Enedis, la copropriété ne paie rien : l'opérateur ou Enedis finance le réseau, et seuls les utilisateurs paient (abonnement pour le tiers-investisseur, quote-part de raccordement de 451 à 2 248 € pour Enedis).

Quelles aides pour une borne de recharge en copropriété en 2026 ?

La prime ADVENIR, revalorisée au 1ᵉʳ avril 2026, couvre 50 % du coût HT : jusqu'à 1 000 € par point individuel en résidentiel collectif, 1 660 € par point partagé, et 12 500 € pour une infrastructure collective jusqu'à 100 places. La TVA réduite à 5,5 % s'applique sous conditions résidentielles, techniques et de prestataire (CGI art. 278-0 bis N, annexe IV art. 30-0 H). Le crédit d'impôt a été supprimé pour les dépenses payées à partir du 1ᵉʳ janvier 2026. Le barème ADVENIR revalorisé s'applique si le vote en assemblée générale (infrastructure collective) ou la signature du dossier (point individuel ou partagé) a lieu à partir du 1ᵉʳ avril 2026 : vérifiez cette date avant les travaux.

Que devient mon contrat de recharge si je vends mon appartement ?

Le contrat de recharge est personnel : il ne se transmet pas automatiquement à l'acheteur, contrairement à un bail. L'abonnement tiers-investisseur étant sans engagement chez les opérateurs relevés en mai 2026, le vendeur le résilie (préavis court). La borne, dont le résident est propriétaire, peut rester en place, mais le nouvel occupant doit souscrire son propre abonnement auprès de l'opérateur pour réactiver le service.

Combien de temps prend l'installation d'une borne en copropriété ?

Pour une installation individuelle au titre du droit à la prise, comptez 3 à 4 mois, délai d'opposition du syndic inclus. C'est une estimation, non une garantie de fin de pose : les pièces, l'accord pour les parties communes et la disponibilité de l'installateur peuvent l'allonger. Pour une infrastructure collective, le délai réel se situe entre 12 et 18 mois en moyenne, entre la mise à l'ordre du jour en assemblée générale et la mise en service, surtout à cause du calendrier des AG et des délais de raccordement Enedis. Les promesses commerciales de quelques semaines sont fréquemment dépassées.

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